A la croisée d'anciennes voies royales
Saint-Pey d’Armens, version gasconne de Saint-Pierre d’Armens, est un village composé d’un bourg. Ce dernier situé au bord d’une ancienne voie royale, reliant toujours Bordeaux à Bergerac. Un certain nombre de monuments se trouvent à proximité de cet axe. Le Château Fourney, dont l’architecture classique date du XVIIIe siècle, aurait été conçu par l’architecte Victor Louis, ce même architecte qui construisit le Grand Théâtre de Bordeaux. Une autre belle bâtisse se dresse au fond d’un parc, non loin de Fourney ; il s’agit du château de Saint-Pey.
Consacrée à Saint Pierre aux Liens, l’église paroissiale dépendait, en 1110, du chapitre de Saint-Emilion. Sa dimension était plus importante qu’aujourd’hui. Rasée au moment des guerres de religion, son sanctuaire fut détruit. Profondément remaniée lorsque le clocher fut exhaussé en 1863, la façade conserve quelques traces de l’époque romane, comme les dents de scie au pilastre sud. 
L’anecdote de Saint-Pey d’Armens : Le culte cessa d’être pratiqué à Saint Pey de 1575 à 1584, car les habitants réclamèrent à la ville de Saint Emilion les cloches de leur église qui avaient été déposées pour les soustraire au vandalisme et à l’avidité des gens de guerre. Cet épisode montre l’agitation dont la commune a été victime.
Une jolie croix du XVIe siècle se dresse dans le cimetière. Cette Croix est classée monument historique depuis 1907. Chaque face a deux étages de statuettes en relief. On y reconnaît trois femmes ou vierges et un évêque en habit pontifical mais également Saint-Jacques avec son bourdon, Saint-Paul avec son glaive et Saint-Pierre avec sa clef. A quelques mètres, se trouve un sarcophage datant de l’époque médiévale (XIIe siècle). Situé dans la plaine, l’ensemble du village offre une vue originale sur les coteaux de la Juridiction notamment en direction de Saint-Etienne de Lisse. Les combes apparaissent dans le paysage.
A la sortie du bourg, une stèle rappelle la fin tragique des députés girondins qui s’étaient réfugiés en 1794 à Saint Emilion : Jérôme Pétion de Villeneuve, Maire de la Commune de Paris, et François Buzot, se suicidèrent sur ces terres. Charles Jean Marie Barbaroux, qui tenta de se suicider, fut guillotiné quelques jours plus tard à Bordeaux, avec ses amis Elie Marguerite Guadet et Salles.