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SAINT-EMILION
Canton : Libourne - Arrondissement : Libourne Population : 2194 (2009) - Superficie : 27.1 km² Altitude : 70 mètres environ
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Majesté de la pierre
Des hauteurs du Château du Roy ou du clocher de l’église monolithe, symboles du puissant pouvoir religieux et judiciaire de la Juridiction de Saint-Emilion, nous nous laissons facilement aller à l’admiration de cette ancienne cité médiévale avec ses vieilles ruelles escarpées et ses escalettes.
Chaque année, une chose interpelle le million de visiteurs : l’homogénéité des façades avec leur belle couleur jaune-ocre. En réalité, la cité porte en elle-même son propre secret en dissimulant un réseau gigantesque de 200 km de galeries souterraines, toutes reliées entre elles, creusées du IXe au XIXe siècle, parfois sur deux voire trois niveaux superposés…
Ces galeries, initialement utilisées comme carrières, ont permis une extraction massive de la pierre calcaire et l’édification de la totalité des constructions de la ville et de la Juridiction. De la longue église Collégiale et des chapelles du Chapitre ou de la Trinité, à la maison à pans de bois de la Cadène en passant par les remparts nichés de portes et le Château du Roy, cette belle pierre lumineuse et résistante constitue le secret de cette intrigante homogénéité et fut longtemps l’objet de commerce. L’anecdote de Saint-Emilion : le commerce de la pierre calcaire L’anecdote de Saint-Emilion : le commerce de la pierre calcaire de Saint-Emilion alla jusqu’à Bordeaux car la tradition raconte que Victor Louis l’utilisa pour construire le célèbre Grand Théâtre.
Ces galeries souterraines servirent dès le Moyen-âge à la libre et discrète circulation des habitants, notamment en temps de Guerre de Cent Ans, et de cimetière souterrain connu sous le nom de catacombes de Saint-Emilion afin d’y enterrer les hauts dignitaires de la ville, tout prêt de la curieuse église monolithe, la plus vaste d’Europe. Plus tardivement, ces souterrains encore méconnus dans leur totalité et menaçant en certains endroits d’effondrement, furent exploités comme champignonnières et comme chais à barriques, l’obscurité et la saturation en humidité y offrant des conditions naturelles idéales.
Mais à Saint-Emilion cette précieuse pierre exige aussi un entretien incessant et la municipalité n’a de cesse d’agir notamment avec la restauration actuelle des Cordeliers, ancien monastère franciscain du XIVe siècle avec son cloitre.
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